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Le Conseil des droits de l'homme condamne les violations des droits de l'homme qui auraient été commises contre la communauté Rohingya musulmane au Myanmar

Conseil des droits de l'homme
APRES MIDI 

 5 décembre 2017

Cet après-midi, le Conseil des droits de l'homme a adopté, après un vote, une résolution sur la situation des droits de l’homme des Rohingyas musulmans et d’autres minorités au Myanmar, après avoir achevé le débat engagé ce matin sur cette question.

Par cette résolution, le Conseil condamne fermement les violations des droits de l’homme systématiques qui auraient été commises au Myanmar, en particulier dans l’État de Rakhine, contre les personnes appartenant à la communauté rohingya musulmane. Le Conseil se dit très préoccupé par les allégations de violences sexuelles généralisées, y compris des viols collectifs, et demande que ces allégations fassent l’objet d’enquêtes. Le Conseil condamne aussi les attaques contre la police et des postes militaires menées le 25 août dernier, et souligne que les problèmes rencontrés dans l’État de Rakhine et dans d’autres régions du Myanmar ne seront résolus que par des moyens pacifiques.

Le Conseil demande avec insistance au Gouvernement du Myanmar de coopérer pleinement avec la Mission d’établissement des faits créée par le Conseil. Il lui demande en outre de garantir la protection de toutes les personnes au Myanmar, y compris les Rohingyas musulmans et les membres d’autres minorités.  Le Gouvernement du Myanmar est aussi prié de lancer sans délai un processus de rapatriement volontaire des Rohingyas dans leurs terres ancestrales, en tenant compte des problèmes posés par le fait que de nombreux réfugiés et personnes déplacées sont dépourvus de papiers d’identité.

Par cette résolution, le Conseil prie le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme de lui présenter, en mars 2019, un rapport écrit complet sur la situation des droits de l’homme des Rohingyas musulmans et d’autres minorités au Myanmar, y compris sur le niveau de coopération et l’accès accordé à la Mission d’établissement des faits et d’autres mécanismes de droits de l’homme des Nations Unies. Le Haut-Commissaire est aussi prié de faire rapport au Conseil en juin 2018, juin 2019 et juin 2020 au sujet des progrès réalisés en ce qui concerne la situation des droits de l’homme du peuple rohingya, en vue de trouver une solution complète à la crise dans les trois ans.

Pendant le débat, de nombreuses délégations ont fait part de leur vive préoccupation devant les violences, y compris les violences sexuelles, exercées contre les Rohingyas, qui ont contraint plus de 600 000 d’entre eux à fuir vers le Bangladesh voisin. Comme ce matin, des délégations ont relevé que les atrocités commises contre les Rohingyas pouvaient constituer des crimes contre l’humanité, et le Gouvernement du Myanmar a été appelé à mettre un terme à ces violences et à assumer ses responsabilités de protection de la population.

De nombreuses délégations ont recommandé au Gouvernement du Myanmar de créer un processus crédible pour assurer le retour en toute sécurité des réfugiés installés au Bangladesh. Le Bangladesh et le Myanmar ont été priés de veiller à l’application de l’accord sur cette question qu’ils ont signé en novembre, et d’y associer le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et les autres organisations internationales pertinentes.

Des organisations non gouvernementales ont appelé le Gouvernement du Myanmar à accorder rapidement aux Rohingyas des indemnisations pour les biens et vies perdus. Plusieurs ONG, soulignant que le retour des réfugiés au Myanmar serait « un cauchemar » si leur sécurité n’était pas assurée, ont demandé que les rapatriements soient supervisés par les Nations Unies.

Le Conseil a enfin adopté, à titre provisoire, le rapport de cette vingt-septième session.

La prochaine session ordinaire du Conseil des droits de l’homme aura lieu du 26 février au 23 mars 2018.

Adoption du projet de résolution la situation des droits de l’homme des Rohingyas musulmans et d’autres minorités au Myanmar

Résolution adoptée

Aux termes de la résolution (A/HRC/S-27/L.1, à paraître en français) adoptée ce jour par 33 voix pour et 3 voix contre (Chine, Burundi et Philippines), avec 9 abstentions, le Conseil prie le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme de présenter au Conseil, à sa session ordinaire de mars 2019, un rapport écrit complet sur la situation des droits de l’homme des Rohingyas musulmans et d’autres minorités au Myanmar, y compris sur le niveau de coopération et l’accès accordé à la Mission d’établissement des faits et d’autres mécanismes de droits de l’homme des Nations Unies. Le Haut-Commissaire est aussi prié de faire rapport au Conseil à ses sessions de juin 2018, juin 2019 et juin 2020 au sujet des progrès réalisés en ce qui concerne la situation des droits de l’homme du peuple rohingya, en vue de trouver une solution complète à la crise dans les trois ans.

Par cette résolution, le Conseil condamne fermement les allégations de violation des droits de l’homme systématiques qui auraient été commises au Myanmar, en particulier dans l’État de Rakhine, contre les personnes appartenant à la communauté rohingya musulmane. Le Conseil se dit très préoccupé par les allégations de violences sexuelles généralisées, y compris des viols collectifs, et demande que ces allégations fassent l’objet d’enquêtes. Le Conseil condamne aussi les attaques contre la police et des postes militaires menées le 25 août dernier, et souligne que les problèmes rencontrés dans l’État de Rakhine et dans d’autres régions du Myanmar ne seront résolus que par des moyens pacifiques.

Le Conseil demande avec insistance au Gouvernement du Myanmar de coopérer pleinement avec la Mission d’établissement des faits créée par le Conseil ; il lui demande en outre de garantir la protection de toutes les personnes au Myanmar, y compris les Rohingyas musulmans et les membres d’autres minorités.  Le Gouvernement du Myanmar est aussi prié de lancer sans délai un processus de rapatriement volontaire dans leurs terres ancestrales des Rohingyas, en tenant compte des problèmes posés par le fait que de nombreux réfugiés et personnes déplacées sont dépourvus de papiers d’identité.

Le Conseil appelle d’autre part le Gouvernement du Myanmar à remédier aux causes profondes de la crise en réglant le problème de l’apatridie de la population rohingya et, à cette fin, en amendant la loi de 1982 sur la citoyenneté, afin qu’elle soit conforme aux principes universellement reconnus. Le Conseil appelle enfin le Gouvernement du Myanmar à prendre les mesures nécessaires pour contrer toute incitation à la haine ou acte de violence, en condamnant publiquement ces actes et en traduisant leurs auteurs en justice.

Les États suivants ont voté en faveur de la résolution (33) : Albanie, Allemagne, Arabie saoudite, Bangladesh, Belgique, Botswana, Brésil, Côte d'Ivoire, Croatie, Égypte, El Salvador, Émirats arabes unis, États-Unis, Géorgie, Ghana, Hongrie, Indonésie, Iraq, Kirghizistan, Lettonie, Nigeria, Panama, Paraguay, Pays-Bas, Portugal, Qatar, République de Corée, Royaume-Uni, Rwanda, Slovénie, Suisse, Togo et Tunisie.

Les États suivants ont voté contre (3) : Burundi, Chine et Philippines.

Les États suivants se sont abstenus (9) : Afrique du Sud, Congo, Équateur, Éthiopie, Inde, Japon, Kenya, Mongolie et Venezuela.

Présentant le projet de résolution, l’Arabie saoudite a expliqué que si la cause de la crise remontait à plusieurs décennies, il s’agissait maintenant « de trouver des solutions aux problèmes actuels et aux violations des droits de l’homme ». La résolution, a ajouté l’Arabie saoudite, expose les violations des droits de l’homme à l’encontre de la minorité rohingya et les moyens d’y mettre un terme. L’ensemble de la communauté internationale doit apporter son soutien à l’aide humanitaire et tout mettre en œuvre pour garantir le retour des réfugiés chez eux, a demandé l’Arabie saoudite.

Le Bangladesh a expliqué que plus de 80 États s’étaient associés au projet de résolution, ce qui témoigne de la volonté d’adopter cette résolution et de mettre en œuvre des solutions globales afin pour mettre fin à la crise. La résolution, équilibrée encourage le Gouvernement du Myanmar à parvenir à une solution d’ensemble pour répondre aux défis liés à la crise.

Le Myanmar a déclaré que, pour une question de principe, il s’opposait à cette résolution spécifique, source de confrontation et de division. Les travaux du Conseil s’écartent de l’objectivité, de l’impartialité, et de l’équilibre, a regretté le Myanmar. « Le Myanmar doit être partie de la solution et non pas du problème », a dit la délégation, demandant à la communauté internationale de ne pas alimenter le conflit sur le terrain. Elle a estimé que les chiffres repris dans le projet de résolution étaient non vérifiés, ce qui n’est « ni professionnel ni éthique ». De nombreux éléments dans le préambule sont copiés des recommandations de la Commission consultative et choisis de manière sélective.

D’autre part, la résolution ne condamne pas les attaques du mois d’août dernier qui ont déclenché le conflit dans l’État de Rakhine, a regretté le Myanmar. « Ne pas condamner ces actes terroristes, c’est les approuver », a-t-il expliqué. Le Myanmar s’est dissocié de la Mission d’établissement des faits, car elle n’est pas en harmonie avec la situation sur le terrain. En outre, le Myanmar n’est pas en mesure de recevoir tous les mécanismes des droits de l’homme dans le pays, a dit sa délégation.

Les déclarations faites par les délégations au sujet du projet de résolution sont présentées ci-dessous dans leur ordre chronologique.

La Chine a dit suivre de très près la situation dans l’État de Rakhine et a reconnu les difficultés rencontrées par le Bangladesh. La seule solution est un accord négocié entre le Myanmar et le Bangladesh, a estimé la Chine, qui s’est dite heureuse de voir que le Myanmar et la Bangladesh avaient signé un accord sur le rapatriement dans une atmosphère pacifiée. Il faut maintenant que les deux pays mettent en œuvre l’accord afin de résoudre la crise. La communauté internationale doit donner une aide constructive en créant les conditions favorables pour mettre en œuvre l’accord.

Quant au projet de résolution, il n’aide pas à résoudre la situation : au contraire, il la complique et pourrait mettre à mal l’accord concernant le rapatriement, ce qui ne sert pas les intérêts de la communauté internationale, a observé la Chine. Se disant toujours opposée aux résolutions visant des pays, la Chine a demandé le vote et a invité à voter contre le projet de résolution. 

L’Inde s’est félicitée de l’accord convenu entre le Myanmar et le Bangladesh en vue du rapatriement des Rohingyas réfugiés dans ce dernier pays. Les deux pays doivent être encouragés dans cette démarche, étant entendu que la protection des droits de l’homme repose avant tout sur le dialogue, a dit l’Inde. Elle a annoncé qu’elle s’abstiendrait lors du vote.

Les Philippines ont déclaré que le conflit dans l’État de Rakhine avait des causes complexes, remontant à l’époque coloniale. Les Philippines sont convaincues de la volonté du Myanmar de coopérer avec la communauté internationale au retour des réfugiés dans de bonnes conditions. Il n’est pas nécessaire que la communauté internationale s’intègre dans ce processus, estiment les Philippines, qui se sont interrogées sur la valeur ajoutée des rapports commandés au Haut-Commissariat par la résolution. Ce texte ne tient aucun compte des efforts du Gouvernement du Myanmar, ont enfin regretté les Philippines.

Le Japon, très préoccupé par la situation des droits de l’homme dans l’État de Rakhine, a dit avoir appuyé la convocation de la session extraordinaire. Le Japon a aussi dit participer activement aux efforts de la communauté internationale pour résoudre les problèmes rencontrés par les Rohingyas, et souligné l’importance du rapatriement des réfugiés dans de bonnes conditions. Pour donner plus de place au dialogue, le Japon s’abstiendra lors du vote sur le projet de résolution.

L’Équateur a condamné les atrocités commises à l’encontre de la minorité musulmane rohingya et des autres minorités et a exprimé sa solidarité aux victimes et à leurs familles. L’Équateur, qui défend la souveraineté et l’intégrité des États, ne vote jamais en faveur des résolutions sur la situation des droits de l’homme dans des pays spécifiques, si les États concernés ne donnent pas leur consentement, car ce type de résolution n’apporte pas de solution à long terme, a dit sa délégation.

Le Bangladesh a regretté que la résolution n’ait pas été adoptée par consensus. En présentant la résolution, l’objectif des co-auteurs était d’avoir une approche objective de la crise et non pas une approche politique. C’est pourquoi le projet intégrait l’avis d’un nombre important d’États. Le Bangladesh a remercié tous les membres du Conseil qui ont voté pour la résolution.

Les États-Unis se sont félicités de l’adoption de cette résolution et ont salué le rôle du Bangladesh dans ce processus. Les États-Unis continuent d’encourager la mise en place d’un mécanisme crédible d’enquête sur les violations des droits de l’homme au Myanmar. Les Gouvernements du Myanmar et du Bangladesh doivent mettre en œuvre le rapatriement des réfugiés en accord avec les normes internationales, et notamment le principe de non-refoulement, ont dit les États-Unis.

L’Égypte a déclaré que si elle est, par principe, opposée aux résolutions visant des pays en particulier, le fait est que la communauté rohingya subit de graves violations des droits de l’homme et que le Conseil ne peut rester les bras croisés face à cette situation. L’objectif de tenir cette session était de trouver des solutions efficaces pour atténuer la souffrance des Rohingyas, conformément au mandat du Conseil des droits de l’homme. Il faudra veiller à ne pas élargir le mandat du Conseil à des domaines qui ne le concernent pas, a mis en garde l’Égypte.

L’Indonésie s’est félicitée des mesures positives prises pour encourager le Myanmar à aborder de manière globale la situation dans l’État de Rakhine et pour trouver une solution durable à la crise humanitaire. L’Indonésie espère que l’application de cette résolution ne va pas entraver l’évolution positive sur le terrain, et notamment l’application de l’accord de rapatriement conclu par le Myanmar et le Bangladesh. La communauté internationale doit continuer à avoir une interaction constructive avec le Myanmar afin qu’il honore ses obligations, a recommandé enfin l’Indonésie.

Fin du débat sur la situation des Rohingyas et autres minorités dans l’État de Rakhine du Myanmar

L’Estonie s’est dite préoccupée par la situation du peuple rohingya et des autres minorités au Myanmar. L’Estonie s’inquiète de la situation humanitaire et des graves violations des droits de l’homme, comme la torture ou les violences sexuelles. Le Gouvernement du Myanmar doit fournir un accès sans entraves aux observateurs et à l’aide humanitaire et tout mettre en œuvre pour permettre un retour des réfugiés en toute sécurité. L’Estonie, dans ce domaine, se félicite de l’accord sur le rapatriement signé entre le Myanmar et le Bangladesh.

La Turquie a relevé que le nombre de Rohingyas vivant au Bangladesh dépassait le nombre de Rohingyas vivant au Myanmar. Il s’agit d’une crise qui peut mener à une déstabilisation régionale, a mis en garde la Turquie. Le Gouvernement du Myanmar doit permettre un retour volontaire, sûr et digne des réfugiés dans le leur pays. Les recommandations de la Commission consultative sur l’État de Rakhine, présidée par M. Kofi Annan, doivent être mises en œuvre dans les plus brefs délais, a demandé la Turquie. Elle a salué le rôle positif joué par le Bangladesh dans cette crise.

Le Koweït a exprimé ses préoccupations profondes sur le désastre humanitaire que les Rohingyas musulmans et les autres minorités subissent au Myanmar. Le Koweït a fourni une aide financière et humanitaire, a fait valoir sa délégation. Elle a demandé à la communauté internationale d’assumer ses responsabilités en prenant en charge l’aide humanitaire. Le Koweït salue l’accord de rapatriement signé entre le Myanmar et le Bangladesh.

L’Espagne a constaté avec préoccupation que les violations des droits de l’homme persistaient dans l’État de Rakhine, en particulier les allégations de crimes sexuels, qui sont très inquiétantes. L’Espagne s’est cependant félicitée de l’accord passé entre le Myanmar et le Bangladesh en vue du retour en toute sécurité des réfugiés. L’Espagne a demandé au Myanmar de coopérer avec la Mission d’établissement des faits du Conseil des droits de l’homme.

Le Danemark a lui aussi encouragé le Myanmar à collaborer avec la Mission d’établissement des faits, pour garantir que des enquêtes crédibles sur les allégations de violations des droits de l’homme soient menées. Le Danemark a souligné l’importance de respecter le droit à la nationalité des musulmans apatrides vivant de l’État de Rakhine aussi bien que dans les camps de déplacement. Le Gouvernement du Myanmar doit instaurer à cet égard la confiance dans le processus de vérification de la citoyenneté, a recommandé le Danemark.

La Jordanie a condamné toutes les violations des droits fondamentaux des Rohingyas et demandé le rapatriement des personnes déplacées. Ces personnes vulnérables doivent bénéficier de toute l’assistance dont elles ont besoin, a aussi recommandé la Jordanie. Elle a demandé aux autorités du Myanmar d’assumer leurs responsabilités de protection de sa population. La Jordanie a enfin remercié le Bangladesh de son accueil des Rohingyas.

La Fédération de Russie a exhorté toutes les parties à s’abstenir de tout acte qui pourrait exacerber le conflit. Elle a recommandé de développer le dialogue inter-religieux au Myanmar, avec les représentants de toutes les religions. La Fédération de Russie a salué les initiatives prises par le Myanmar pour éviter l’escalade de la violence et pour permettre le retour des réfugiés. La Fédération de Russie a salué par ailleurs la prise en compte par le Myanmar des recommandations faites par la Commission consultative. La délégation a douté cependant que la tenue de cette session permettrait de renforcer les relations bilatérales entre le Bangladesh et le Myanmar.

Le Sénégal a appelé à l’adoption sans vote de la résolution. Le Président du Sénégal a été un des premiers chefs d’État à dénoncer la situation des Rohingyas au Myanmar. Le droit des musulmans rohingyas doit être garanti de manière durable. Le Sénégal salue l’accord conclu entre le Myanmar et le Bangladesh concernant le rapatriement des réfugiés.

L’Australie a souligné que les auteurs des violations des droits de l’homme doivent être tenus responsables et que des enquêtes impartiales et indépendantes devaient être menées. L’Australie a salué l’engagement du Bangladesh à recevoir autant de personnes déplacées. L’accord entre le Myanmar et le Bangladesh est un pas dans la bonne direction, a estimé l’Australie.

Pour Singapour, la priorité est de remédier aux souffrances des communautés affectées par la violence. La délégation a appelé le Gouvernement du Myanmar à restaurer la paix, la stabilité et l’état de droit, tout en exerçant un « leadership moral » dans cette question. À cet égard, le soutien de l’armée du Myanmar à l’effort des autorités sera crucial, a souligné Singapour. La communauté internationale doit jouer son propre rôle à l’appui de cet effort, a relevé la délégation singapourienne.

Le Luxembourg a constaté que des atrocités avaient été commises de manière organisée et à grande échelle contre la population rohingya. Selon l’article 7 du Statut de Rome de la Cour pénale internationale, ces atrocités peuvent constituer des crimes contre l’humanité, a mis en garde la délégation, estimant dès lors indispensable qu’une enquête approfondie soit menée pour faire la lumière sur les violences. Le Luxembourg a décidé d’augmenter son assistance en réponse à la crise humanitaire au Myanmar.

La Libye a demandé à la communauté internationale d’œuvrer ensemble à l’adoption, par consensus, de la résolution sur la situation des droits de l’homme des Rohingyas au Myanmar.

La Grèce, qui s’est félicitée de la transition démocratique au Myanmar, a appelé à la cessation immédiate de toutes les violences et de toutes les discriminations dans l’État de Rakhine. La Grèce se félicite de tous les efforts entrepris par le Bangladesh pour accueillir les réfugiés rohingyas. Le Gouvernement du Myanmar doit s’assurer que les responsables des violations des droits de l’homme soient poursuivis, a demandé la Grèce. Le Myanmar doit permettre un accès humanitaire sans entrave dans l’État de Rakhine, a-t-elle ajouté.

L’Autriche s’est dite profondément préoccupée par la montée de la violence dans l’État de Rakhine et par les violations révoltantes des droits de l’homme des Rohingyas. L’Autriche, inquiète par les victimes que causent les champs de mines posés à la frontière avec le Bangladesh, a demandé au Gouvernement du Myanmar de déminer la zone, de mettre fin à toutes les violences dans l’État de Rakhine et de permettre un accès à l’aide humanitaire et aux médias internationaux dans cette région.

La République populaire démocratique lao a salué la transition démocratique au Myanmar. En tant que pays voisin, la République populaire démocratique lao a suivi de près la situation dans l’État de Rakhine : elle comprend la situation complexe dans cette région, notamment concernant la lutte contre le terrorisme. La délégation a salué la mise en œuvre des recommandations de la Commission consultative ainsi que la collaboration entre le Myanmar et le Bangladesh concernant le rapatriement des réfugiés.

La Norvège a demandé au Gouvernement du Myanmar de créer un processus crédible et pratique pour assurer le retour en toute sécurité des réfugiés dans leurs lieux de résidence initiaux. La Norvège a recommandé au Bangladesh et au Myanmar de veiller à l’application de l’accord sur cette question qu’ils ont signé en novembre, et d’y associer le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et les autres organisations internationales pertinentes.

Le Liban a cité son propre exemple de coexistence entre les communautés et les confessions. Le Liban a invité le Gouvernement du Myanmar à prendre les mesures nécessaires pour respecter ses obligations en matière de droits de l’homme et de respect des droits fondamentaux des citoyens, indépendamment de leur origine ethnique ou de leur religion. Le Liban, dont la moitié de la population est composée de réfugiés, a salué l’accueil par le Bangladesh d’un très grand nombre de réfugiés.

La Suède a observé que la justice et la reddition des comptes étaient essentielles pour la paix et la réconciliation durables. Les informations faisant état d’attaques contre la communauté rohingya, pouvant constituer des crimes contre l’humanité, ne sont pas vérifiées et la portée réelle de la violence est toujours inconnue, a relevé la délégation suédoise. La Mission d’établissement des faits créée par le Conseil a un rôle crucial pour vérifier l’ampleur des violations des droits de l’homme, a souligné la Suède.

L’Iran, déplorant que les musulmans rohingyas sont la cible délibérée d’une longue série d’attaques, a demandé à la communauté internationale de tout mettre en œuvre pour faire respecter le droit international et le droit international humanitaire au Myanmar. L’Iran a remercié le Bangladesh et les autres pays qui ont manifesté leur solidarité avec les Rohingyas. Le Gouvernement du Myanmar devrait autoriser l’accès à l’aide humanitaire pour ceux qui en ont besoin et permettre à l’ensemble des minorités d’avoir accès à la nationalité.

Le Costa Rica a déploré que la situation des droits de l’homme et humanitaire des Rohingyas se soit aggravée au cours des derniers mois. Le Costa Rica a regretté la destruction des biens et des villages des Rohingyas : il s’agit d’une indication claire qu’une opération de nettoyage ethnique à lieu dans l’État de Rakhine, a dit la délégation. Les Rohingyas sont apatrides depuis 1982, ce qui a comme conséquence la perpétuation de nombreuses discriminations à leur encontre.

L’Italie a exprimé ses préoccupations face à la détérioration des droits de l’homme dans l’État de Rakhine, au détriment notamment de la communauté rohingya. Ceux qui ont fui leur foyer dans la peur doivent pouvoir y retourner volontairement en toute sécurité, a demandé l’Italie. Elle a promis une contribution de sept millions d’euros pour des projets au Myanmar et au Bangladesh. L’Italie s’est réjouie de l’accord conclu entre le Myanmar et la Bangladesh sur le rapatriement des réfugiés.

Le Viet Nam s’est félicité de la signature entre le Myanmar et le Bangladesh d’un accord sur le rapatriement des personnes déplacées depuis l’État de Rakhine, et a espéré que cet accord serait appliqué intégralement et de bonne foi. Le Viet Nam s’est dit également encouragé par l’engagement du Myanmar à appliquer les recommandations formulées par la Commission consultative sur l’État de Rakhine, et la création d’une agence nationale d’assistance humanitaire, de réinstallation et de développement dans l’État de Rakhine.

L’Islande a fait part de sa vive préoccupation devant les violences, y compris les violences sexuelles, exercées contre les Rohingyas, contraignant plus de 600 000 d’entre eux à fuir vers le Bangladesh voisin. Le Gouvernement du Myanmar a été appelé à mettre un terme à ces violences et à assumer ses responsabilités de protection de la population.

Bahreïn a salué la tenue de cette session extraordinaire, espérant qu’elle faciliterait la recherche d’une solution pacifique à la crise et aux violences effrayantes contre les Rohingyas musulmans. Bahreïn a demandé au Gouvernement du Myanmar d’œuvrer de façon constructive à la défense des droits des Rohingyas, y compris en collaborant avec les institutions de la communauté internationale.

Israël a dit suivre avec préoccupation la situation dans l’État de Rakhine et a condamné tous les actes de violence. Israël a salué l’accord conclu entre le Myanmar et le Bangladesh concernant le rapatriement des réfugiés. La communauté internationale doit se mobiliser pour soutenir les personnes déplacées qui vivent dans des camps en raison de la crise, a demandé Israël.

L’Algérie a relevé que la situation était très préoccupante au Myanmar notamment en raison des violences contre la minorité rohingya et des autres minorités dans l’État de Rakhine. Le Gouvernement du Myanmar doit prendre toutes les mesures pour protéger ses citoyens et pour poursuivre devant la justice les auteurs des violations des droits de l’homme. L’Algérie encourage le Gouvernement du Myanmar à renforcer sa coopération avec le Conseil des droits de l’homme et sa Mission d’enquête.

La Nouvelle Zélande a souligné que la violence n’était pas la réponse à une situation complexe. Le Gouvernement du Myanmar doit poursuivre les auteurs des violences et protéger les droits des minorités. La Nouvelle Zélande salue la réponse du Myanmar aux recommandations de la Commission consultative. La Nouvelle Zélande a pris note de l’arrangement entre le Myanmar et le Bangladesh concernant le rapatriement. Elle a souligné que le retour des réfugiés devait se dérouler volontairement et en toute sécurité.

L’Afghanistan a salué et apprécié la solidarité et la coopération du Bangladesh et des agences des Nations Unies avec les Rohingyas. Les autres États et parties prenantes ont été encouragés à étendre leur solidarité au Bangladesh. L’Afghanistan a plaidé pour le retour rapide et sans condition des Rohingyas musulmans dans leurs foyers.

L’Uruguay a relevé que les violences contre les Rohingyas qui ont été décrites aujourd’hui sont dénoncées depuis de nombreuses années. L’Uruguay a souligné qu’il fallait traduire les auteurs de ces actes en justice. Il a salué les travaux de la Commission consultative présidée par M. Kofi Annan, et prié le Gouvernement du Myanmar de laisser les acteurs humanitaires travailler sur son territoire.

Le Soudan a remercié le Bangladesh de sa solidarité avec les Rohingyas. La délégation a estimé que les Nations Unies étaient paralysées face aux violences effrayantes dont sont victimes les Rohingyas. L’assistance humanitaire et le retour des réfugiés sont les priorités du moment.

L’Azerbaïdjan, très préoccupé par les déplacements massifs de Rohingyas musulmans vers le Bangladesh voisin, a jugé utile la convocation de la session extraordinaire. La délégation a fait part de la solidarité de son pays avec le Bangladesh. Elle a espéré que l’accord entre ce pays et le Myanmar permettrait un retour digne des Rohingyas chez eux, ainsi qu’un règlement satisfaisant des causes de la crise.

Alliance Defending Freedom a demandé au Myanmar de faire des efforts pour promouvoir effectivement la liberté religieuse et combattre les violences au nom d’une autre religion ou d’une autre croyance. Le Myanmar ne doit pas bafouer le droit à la vie. La communauté internationale doit utiliser tous les moyens pacifiques pour protéger la liberté religieuse.

Amnesty International a relevé que plus de 600 000 Rohingyas avaient fui leur pays après avoir subi de graves violations de leurs droits fondamentaux. Il faut assurer le retour volontaire et sûr des réfugiés rohingyas, a demandé l’ONG. Elle a demandé aux autorités du Myanmar de tout mettre en œuvre pour traduire en justice les auteurs des violations des droits de l’homme des Rohingyas et pour que les victimes obtiennent réparation.

La Commission internationale de juristes a estimé qu’il était positif que le Bangladesh et le Myanmar se soient accordés sur le retour des réfugiés. Cependant, ce retour doit être volontaire et répondre aux normes internationales notamment concernant le non-refoulement. Les restrictions dans l’État de Rakhine contribuent aux violations des droits de l’homme. Le Gouvernement du Myanmar doit collaborer avec la Mission d’établissement des faits pour faire la lumière sur l’ensemble des allégations de violation des droits de l’homme dans l’État de Rakhine.

Asian Legal Resource Centre a remarqué que la résolution de la crise dépendait de la volonté active du Myanmar et que des efforts conscients devaient être consentis pour que les victimes aient confiance dans le processus de rapatriement. La société civile devra participer de façon active à cette entreprise très difficile, a noté l’ONG.

Human Rights Watch a relevé que les forces gouvernementales avaient détruit plus de 340 villages rohingyas, tandis que de nombreuses femmes et filles rohingyas avaient été violées. Personne ne rendra aux Rohingyas ce qui leur a été pris, a dit l’ONG. Mais le Gouvernement du Myanmar n’en doit pas moins accorder rapidement des indemnisations pour les biens et vies perdus, a demandé l’organisation. Elle a demandé que les rapatriements de réfugiés rohingyas soient supervisés par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés.

Pour l’Asian Forum for Human Rights and Development, la situation au Myanmar est l’une des pires tragédies de notre temps. Le Conseil devrait lancer un appel pour qu’il soit mis fin aux crimes atroces qui sont commis et pour que le Gouvernement du Myanmar accorde le libre accès à la Mission d’enquête. L’ONG a aussi demandé au Conseil d’appeler le Myanmar à garantir le retour volontaire, sûr et digne des réfugiés sous la supervision des Nations Unies.

Plan International a relevé que les enfants représentent 60% des Rohingyas qui ont fui leur pays. La plupart n’ont pas accès à des écoles sûres. Plan met en place des espaces pour permettre la prise en charge psycho-sociale des enfants. Le Gouvernement du Myanmar doit assurer l’enregistrement des naissances de tous les enfants. Les acteurs humanitaires doivent avoir accès à tous les enfants dans le besoin, a aussi demandé l’ONG.

La Fédération internationale des ligues de droits de l’homme a condamné la rhétorique constante du Gouvernement du Myanmar consistant à nier l’existence des Rohingyas. Ce déni est la source de la crise. Près de 700 000 Rohingyas ont été déplacés par la force vers le Bangladesh. L’organisation s’est inquiétée de l’accord entre le Bangladesh et la Myanmar qui prévoit un retour précipité des réfugiés dans une zone peu sûre. Le Gouvernement doit mettre un terme à sa politique d’incitation à la haine à l’encontre de la population rohingya, a demandé l’ONG.

World Jewish Congress a condamné la persécution des musulmans rohingyas au Myanmar. Le peuple juif, trop souvent cible de violences, ne peut rester silencieux face à l’extrémisme, où qu’il pointe dans le monde. Cette crise est une plaie pour l’humanité : plus de 620 000 Rohingyas ont fui leur pays après une campagne de violences qui visait à les expulser du Myanmar. La communauté internationale doit préserver l’ensemble des minorités contre les violences, a demandé le Congrès.

United Nations Watch s’est demandé si Aung San Suu Kyi avait oublié les paroles qu’elle avait prononcées en recevant le Prix Nobel. Les êtres humains sont plus importants que les symboles, a souligné l’organisation.

Save the Children a demandé aux États membres du Conseil de condamner les atrocités commises par les forces de sécurité du Myanmar contre les Rohingyas dans l’État de Rakhine, y compris le nettoyage ethnique et des crimes contre l’humanité. L’ONG a souligné qu’il fallait, avant de procéder à quelque rapatriement que ce soit, adopter des mesures de sécurité et de protection au profit des réfugiés.

International Association of Lawyers and Jurists a déclaré que la mémoire des horreurs subies par le peuple juif, et d’autres peuples, pour des motifs basés sur la race, l’origine ethnique ou la religion, restait très vivace et douloureuse. C’est pourquoi l’ONG a demandé au Myanmar de respecter ses obligations internationales et de mettre un terme aux atrocités commises contre la minorité rohingya dans l’État de Rakhine.

La Rencontre africaine pour la défense des droits de l’homme (RADDHO) a souligné que l’extermination des Rohingyas résultait d’une politique discriminatoire de longue date. Il s’agit d’un génocide dont les autorités du Myanmar sont responsables. Les autorités doivent lever toutes les limitations concernant l’accès à l’État de Rakhine. Avant tout retour des réfugiés, la RADDHO a demandé à la Mission d’établissement des faits de s’assurer que leur sécurité est garantie.

International Organization for the Elimination of All Forms of Racial Discrimination a souligné que la discrimination à l’encontre des Rohingyas existait, dans la pratique, depuis des décennies. Les discours de haine sont portés par les représentants du Gouvernement. Il ne fait aucun doute qu’il s’agit d’une tentative de génocide puisqu’il s’agit d’éliminer l’ensemble de la population rohingya. Les preuves de leur résidence ont été effacées et leurs villages brûlés. Le retour des réfugiés serait un cauchemar si leur sécurité n’était pas assurée.

CIVICUS – World Alliance for Citizen Participation s’est dite préoccupée par le fait que les Rohingyas sont discriminés depuis des décennies et victimes de violences et de crimes contre l’humanité. L’ONG a aussi dénoncé les violations des droits de l’homme d’autres minorités, dans d’autres États du Myanmar. Les conditions ne permettent pas aujourd’hui un retour des réfugiés en toute sécurité, a-t-elle observé. Le Gouvernement du Myanmar doit mettre fin aux crimes contre l’humanité, dont les responsables doivent être poursuivis devant la justice.

Geneva Center for Human Rights Advancement and Global Dialogue a appelé à l’acheminement urgent d’une aide humanitaire dans l’État de Rakhine. L’ONG a plaidé également pour que les auteurs des crimes atroces qui ont été commis rendent compte de leurs actes et pour que les victimes obtiennent réparation. Ce n’est qu’alors que le temps du pardon viendra.

Enfin, la Campagne internationale pour interdire les mines terrestres a indiqué que de nombreuses mines antipersonnel avaient été posées par l’armée du Myanmar à la frontière avec le Bangladesh. La Campagne a appelé les forces armées du Myanmar à marquer clairement les champs de mines pour éviter des pertes civiles. Elle a aussi appelé le Myanmar à ratifier la Convention de 1997 qui interdit l’utilisation de mines terrestres antipersonnel.

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