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Appel aux soumissions : violence sexiste contre les femmes journalistes

La Rapporteuse spéciale des Nations Unies sur la violence contre les femmes, ses causes et ses conséquences, Dubravka Šimonović, a identifié la question de la violence sexiste contre les femmes journalistes comme sujet de son prochain rapport au Conseil des droits de l'homme en juin 2020.

Au cours de la dernière décennie, la violence sexiste contre les femmes journalistes a augmenté et continue de faire partie de la routine quotidienne de celles-ci et des professionnelles des médias en général, qui sont victimes d'actes d'intimidation, de menaces de viol, de menaces contre leur famille et de harcèlement sexuel dans les rédactions et sur le terrain. Elles sont également menacées pour le type d'histoires qu'elles couvrent.  Alors que l'ère numérique a créé de nouvelles opportunités pour les femmes journalistes, elle s'est également accompagnée de nouvelles formes de violence en ligne, notamment le cyber-harcèlement, les campagnes de diffamation, le « doxing » (la publication d'informations personnelles), la « sextorsion » (l'extorsion à l'aide d'images à caractère sexuel), le «trolling» (l'envoi de messages offensants) et la « pornodivulgation » (la diffusion en ligne non-consentie d'images intimes).

En 2016, le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies a adopté à l'unanimité la résolution 33/2 relative à la sécurité des journalistes. En 2017, c'est au tour de l'Assemblée générale des Nations Unies d'adopter à l'unanimité une résolution (72/175) sur la sécurité des journalistes et la question de l'impunité. Alors que les Nations Unies ont mis en évidence les droits des journalistes à travers ses divers mécanismes, peu d'importance a été accordée aux risques particuliers auxquels les femmes journalistes sont confrontées.

Son prochain rapport au Conseil des droits de l'homme en juin 2020 s'appuiera sur les normes existantes en matière de droits de l'homme et proposera une approche plus globale pour aborder les risques particuliers auxquels les femmes journalistes font face, ainsi que leurs causes. Ce rapport, qui s'appuiera sur son précédent rapport au Conseil des droits de l'homme en 2018 sur la violence en ligne à l'égard des femmes (A/HRC/38/47), contiendra des recommandations à l'adresse des États et des autres parties prenantes.

Dans ce but, la Rapporteuse spéciale souhaite solliciter votre opinion sur les questions suivantes en vue de la préparation de son prochain rapport:

  1. Veuillez indiquer s'il existe des cas de violence et de harcèlement sexiste contre les femmes journalistes dans votre pays. Dans l'affirmative, veuillez préciser comment ces cas sont documentés et décrire la réponse étatique, y compris des exemples de bonnes pratiques en la matière.
  2. Veuillez indiquer si votre pays a mis en place des systèmes d'alerte précoce et de réponse rapide, tels que des permanences téléphoniques, des plateformes en ligne ou des points de contact d'urgence 24h/24 pour garantir que les journalistes et autres acteurs des médias ont un accès immédiat aux mesures de protection lorsqu'ils sont menacés.
  3. Veuillez préciser s'il existe des programmes visant à répondre aux facteurs qui augmentent les risques de violence et de harcèlement dans le monde du travail pour les femmes journalistes, notamment en matière de discrimination, d'abus de relations de pouvoir et des normes de genre, culturelles et sociales qui contribuent à la violence et au harcèlement.
  4. Veuillez préciser si la violence en ligne et facilitée par les technologies de l'information et de la communication (TIC) à l'égard des femmes est reconnue comme un crime, en particulier dans le cadre de meurtres, de menaces de viol et de harcèlement des femmes journalistes.
  5. Veuillez indiquer si des mécanismes transparents de plainte contre la violence en ligne et la violence facilitée par les TIC à l'égard des femmes journalistes ont été adoptés et, dans l'affirmative, veuillez indiquer si les dispositifs et procédures pour le signalement et la demande de suppression de contenus préjudiciables sont disponibles et facilement accessibles.
  6. Veuillez indiquer les difficultés rencontrées par les femmes journalistes qui couvrent des cas de violence sexuelle, et veuillez préciser s'il existe des bonnes pratiques en la matière.

La Rapporteuse spéciale vous prie de bien vouloir le faire parvenir votre contribution, prenant en compte une ou plusieurs questions susmentionnées, d'ici le 10 mars 2020.