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L’Iran est instamment prié de libérer immédiatement les prisonniers d’opinion ainsi que les binationaux et les ressortissants étrangers à risque face à la COVID-19

GENÈVE (17 avril 2020) – Plusieurs experts  des droits de l'homme des Nations Unies* ont aujourd'hui appelé l'Iran à élargir ses mesures concernant la libération temporaire de milliers de détenus pour y inclure les prisonniers d'opinion ainsi que les binationaux et les ressortissants étrangers encore détenus malgré leur risque élevé d'infection par la COVID-19. Le pays est durement touché par la COVID-19 et les responsables du Ministère de la santé ont signalé qu'une personne meurt toutes les 10 minutes à cause du virus.

« Nous reconnaissons la situation d'urgence en République islamique d'Iran et les problèmes auxquels elle est confrontée dans la lutte contre la pandémie, y compris les problèmes signalés concernant l'accès aux fournitures médicales à cause des sanctions », ont déclaré les experts de l'ONU. « Nous faisons écho à la Haute-Commissaire Michelle Bachelet en appelant à l'allègement des sanctions pour permettre aux systèmes médicaux de lutter contre la COVID-19 et de limiter sa contagion dans le monde. »  

Les experts ont salué la libération temporaire de 100 000 détenus à la suite de l'ordre émis le 26 février 2020 par le chef du pouvoir judiciaire, qui comprenait les prisonniers d'opinion ainsi que les binationaux et les ressortissants étrangers. Cependant, la plupart des prisonniers d'opinion, des défenseurs des droits de l'homme, des écologistes, des binationaux et des ressortissants étrangers sont encore détenus. « Certains sont très vulnérables à la COVID-19 en raison de leur âge ou de leurs problèmes de santé sous-jacents. Nous demandons aux autorités de les libérer immédiatement. »

Les experts ont souligné les cas de Nasrin Sotoudeh, avocate des droits de l'homme, et des défenseurs des droits de l'homme Narges Mohammadi et Arash Sadeghi, ainsi que les binationaux Ahmadraza Djalali (ressortissant iranien-suédois), Morad Tahbaz (ressortissant iranien-britannique-américain), Kamran Ghaderi et Massud Mossaheb (ressortissants iraniens-autrichiens). Ces sept personnes ont demandé leur libération temporaire mais leur demande a été rejetée ou ils n'ont pas reçu de réponse.

« M. Tahbaz et M. Mossaheb ont plus de 60 ans et pourraient être gravement affectés par la COVID-19 en raison de leur âge, voire y perdre la vie », ont déclaré les experts. « Ces personnes ont également des problèmes de santé potentiellement mortels, tout comme Mme Mohammadi, M. Sadeghi, M. Ghaderi et M. Djalali, aggravant ainsi le risque pour leur santé en cas d'infection. La libération immédiate de ces individus et d'autres prisonniers d'opinion par le pouvoir judiciaire iranien pourrait sauver leur vie. »

M. Tahbaz et M. Mossaheb auraient partagé leur cellule avec des personnes souffrant de symptômes communs de la COVID-19, comme la fièvre et la toux. Les produits d'hygiène sont inexistants ou limités et les mesures d'éloignement physique ne sont pas appliquées. Mme Mohammadi et M. Djalali auraient chacun été détenus dans une petite cellule avec 12 et 16 autres personnes respectivement. Mme Sotoudeh observe une grève de la faim depuis le 16 mars 2020 pour protester contre la non-libération des prisonniers d'opinion.

« Les prisons iraniennes ont depuis longtemps des problèmes d'hygiène, de surpopulation et de santé. Nous exhortons les autorités iraniennes à mettre en œuvre des mesures conformes à leurs obligations en vertu du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, y compris le droit des personnes privées de liberté d'être traitées avec humanité et dans le respect de leur dignité inhérente et le droit à la vie. »

Les experts ont également demandé au Gouvernement de libérer définitivement les personnes détenues arbitrairement. Le Groupe de travail sur la détention arbitraire a constaté que la détention de Mme Mohammadi, de M. Djalali et de M. Sadeghi était arbitraire.

« Nous demandons aux autorités iraniennes d'accélérer l'examen indépendant et impartial de tous les cas présumés de détention arbitraire et de libérer immédiatement et définitivement tous les individus jugés comme étant arbitrairement privés de liberté », ont déclaré les experts.

FIN