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Le Comité pour l'élimination de la discrimination raciale ouvre les travaux de sa cent unième session

Comité pour l'élimination
de la discrimination raciale

5 août 2020

Le Comité pour l’élimination de la discrimination raciale a ouvert, cet après-midi, les travaux de sa cent unième session en adoptant son ordre du jour et son programme de travail.  La présente session, qui se tient de manière virtuelle en raison des restrictions imposées par la pandémie de COVID-19, s’achèvera le vendredi 7 août. 

Pendant cette séance d’ouverture, le Comité a entendu des déclarations de M. Simon Walker, chef de la Section des affaires civiles, politiques, économiques, sociales et culturelles de la Division des traités du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, ainsi que de M. Taisuke Komatsu, Directeur exécutif de l’International Movement Against All Forms of Discrimination and Racism (IMADR). 

M. Walker a notamment souligné l'importance du travail du Comité dans la recherche de réponses appropriées aux problèmes de discrimination raciale qui se posent dans le cadre de la pandémie de COVID-19.  Il a également relevé la profonde remise en question, après le décès de George Floyd ce printemps, du rôle de personnalités publiques précédemment louées dans de nombreux pays. 

M. Komatsu a insisté, pour sa part, sur le fait que, dans le contexte de la pandémie, le travail des organisations de la société civile serait plus important que jamais dans les mois et années à venir pour garantir que les États respectent leurs obligations découlant de la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale

Mme Yanduan Li, Présidente du Comité, a annoncé que le Comité, lors d’une séance virtuelle le 17 juin, avait procédé à l’élection de son nouveau Bureau.  Outre Mme Li, Présidente, le Bureau est composé de Mme Verene Albertha Shepherd et MM. Marc Bossuyt et Yeung Kam John Yeung Sik Yuen, tous trois Vice-Présidents du Comité, ainsi que de Mme Rita Izsák-Ndiaye, Rapporteuse.

Lors de la même séance virtuelle le 17 juin, les membres nouvellement élus du Comité ont prononcé la déclaration solennelle par laquelle ils se sont engagés à exercer leurs « devoirs et attributions en tout honneur et dévouement, en pleine et parfaite impartialité et en toute conscience ».

Le Comité se réunira en séances privées jusqu’au vendredi 7 août à 16h30, quand se tiendra la séance de clôture de la présente session.

Déclarations d'ouverture

Dans son allocution, M. SIMON WALKER, chef de la Section des affaires civiles, politiques, économiques, sociales et culturelles de la Division des traités du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, s’exprimant au nom du Secrétaire général des Nations Unies, a notamment relevé que la COVID-19 était venue exacerber les inégalités auxquelles sont déjà confrontés de nombreux groupes minoritaires et vulnérables, tels que les personnes d'origine africaine, les peuples autochtones, les migrants, les réfugiés et les demandeurs d'asile.  Cette situation souligne l'importance du travail du Comité dans la recherche de réponses appropriées aux problèmes de discrimination raciale qui se posent dans le cadre de la COVID-19, a ajouté M. Walker.

M. Walker a ensuite rappelé que l’actualité ces derniers mois avait été marquée par le problème de la discrimination raciale à la suite du décès de George Floyd – le chef de Section au Haut-Commissariat a souligné que le Comité avait réagi rapidement en faisant une déclaration importante sur cette question.  M. Walker a aussi relevé que les manifestations qui ont suivi le décès de George Floyd avaient conduit à une profonde remise en question, dans de nombreux pays, de leur histoire et du rôle de personnalités publiques précédemment louées, qui avaient néanmoins des opinions discriminatoires.  Salutaire, ce débat est une occasion d'aligner les comportements et les attitudes sur les principes énoncés dans la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale, a dit M. Walker.

Il a rappelé que, dans le même contexte, le Conseil des droits de l'homme avait tenu, en juin dernier, un débat sur la mort de George Floyd et l'usage excessif de la force par les forces de l'ordre contre les Africains et les personnes d'origine africaine, avant d’adopter une résolution condamnant les pratiques raciales discriminatoires et violentes des forces de l'ordre à l'encontre des Africains et des personnes d'ascendance africaine. 

Enfin, M. Walker a fait savoir que pendant leur réunion virtuelle de la semaine dernière, les Présidents des organes de traités avaient eu des échanges fructueux avec les co-facilitateurs de l'examen visant le renforcement des organes de traités, ainsi qu'avec la Haute-Commissaire adjointe, au sujet des défis auxquels les organes de traités sont confrontés pour remplir leur mandat pendant la pandémie de COVID-19. 

Pendant cette réunion, les Présidents ont rappelé que le travail virtuel devrait être une solution temporaire et ne pouvait remplacer les réunions en personne.  Les Présidents ont également décidé que le groupe de travail sur la COVID-19, composé de membres des organes de traités, continuerait d'examiner l'impact de la pandémie sur les droits de l'homme et sur le travail des organes de traités. 

M. TAISUKE KOMATSU, Directeur exécutif de l’International Movement Against All Forms of Discrimination and Racism (IMADR) – s’exprimant au nom également des organisations Race and Equality et Minority Rights Group – a lui aussi relevé que la pandémie de COVID-19 avait un impact disproportionné sur les personnes appartenant à des communautés racialisées telles que les personnes d'ascendance africaine, les minorités, les personnes victimes de discrimination sur la base de la caste ou de l'ascendance, les peuples autochtones, les apatrides et les migrants, y compris les réfugiés et les demandeurs d'asile. 

Dans le contexte de la pandémie, les discours de haine raciste, les crimes haineux et le profilage racial qui visaient d'abord les Asiatiques et les personnes d'origine asiatique sont maintenant également dirigés vers d'autres groupes, notamment les migrants, les Roms et les gens du voyage.  La discrimination raciale dans la loi et dans l'administration de la justice continue de maintenir ces groupes marginalisés surreprésentés dans les centres de détention et les prisons.  Tous ces facteurs contribuent à leur vulnérabilité face à la pandémie, a mis en garde M. Komatsu.

Lors de la Journée annuelle Nelson Mandela le 20 juillet dernier, le Secrétaire général des Nations Unies, M. António Guterres, a rejeté le mythe selon lequel tout le monde serait « dans le même bateau », car « si nous flottons tous sur la même mer, il est clair que certains sont dans des super-yachts, tandis que d'autres s'accrochent aux débris à la dérive ».  Les personnes que la Convention internationale sur l’élimination de toutes les formes de discrimination raciale entend protéger sont justement celles qui s'accrochent aux débris à la dérive.  Le Comité devrait faire en sorte que les États parties à la Convention prennent les mesures de protection nécessaires et veillent à ce que leurs réponses à la COVID-19 ne soient pas discriminatoires, a demandé M. Komatsu.

S’agissant de l'assassinat de M. George Floyd par la police aux États-Unis et aux manifestations pacifiques qui ont suivi, le Directeur exécutif de l’IMADR s’est félicité de la déclaration publiée par le Comité à cette occasion et a soutenu son appel à des réformes de la police et du système de justice pénale aux États-Unis. 

M. Komatsu a enfin pointé non seulement les obstacles que rencontrent les communautés racialisées dans l'accès aux mécanismes des droits de l'homme des Nations Unies, y compris le Comité, mais aussi les problèmes rencontrés par les organisations de la société civile, dans le contexte actuel, pour surveiller l’application de la Convention par les États, pour documenter les violations des droits de l'homme et pour faire rapport au Comité.  Le travail des organisations de la société civile sera plus important que jamais dans les mois et les années à venir pour garantir que les États respectent leurs obligations découlant de la Convention, a dit M. Komatsu.

 

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Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel

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