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Appel aux défenseuses et défenseurs des droits humains à l’occasion de la Journée mondiale des toilettes (19 novembre 2020)

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Comme nous savons, une hygiène adéquate avec du savon et de l’eau, masque, distance et ventilation sont les clés de la stratégie mondiale de prévention contre la Covid-19 que nous avons pour le moment, jusqu’à ce que des vaccins efficaces arrivent. En fait, disposer d’eau et d’assainissement a sauvé et continuera de sauver des centaines de milliers de vies. Toutefois, dans de nombreux pays et de nombreuses villes, on coupe l’eau aux familles les plus défavorisées, qui ne peuvent pas payer. C’est pourquoi, pour la Journée mondiales des toilettes, il me semble important d’efforcer à dénoncer ces pratiques et promouvoir leur interdiction. Je pense qu’actuellement la sévérité avec laquelle le virus nous impacte nous permet de mieux comprendre l’injustice et la folie de couper l’eau aux personnes pauvres, qui ont des difficultés à payer.

C’est pour cette raison, qu’au-delà d’appeler les gouvernements et les municipalités à bannir ces coupures d’eau, j’en appelle aussi à vous, défenseuses et défenseurs des droits humains, à protéger les droits de l’homme à l’eau potable et à l’assainissement et organiser, à compter d’aujourd’hui, une action mondiale pour le recueil d’information, la dénonciation et la surveillance de ces pratiques. Car couper l’eau à ceux et celles qui n’ont pas les moyens de payer est une violation des droits de l’homme conformément à la législation internationale actuelle ; même si ceux qui l’ignorent sont, peut-être, encore nombreux.

En tant que Rapporteur spécial de l’ONU pour les droits de l’homme à l’eau potable et à l’assainissement, je voudrais solliciter votre engagement dans ce projet que nous lançons le 19 novembre, pour toute la durée la pandémie : « Interdiction des coupures d’eau : du bouclier social à la protection des droits humains ». Nous avons besoin d’un réseau actif de défenseuses et de défenseurs des droits humains pour identifier où ont lieu ces interruptions d’eau, les rapporter et en faire le suivi, à travers une messagerie globale que nous allons gérer depuis Genève, Suisse. Sur cette base, il appartiendra au Rapporteur spécial d’attirer l’attention sur les institutions responsables et de collaborer à construire des solutions qui respectent les droits humains et permettent, du même coup, de combattre le virus.

En tous cas, au-delà d’activer le bouclier social, qui est si nécessaire et urgent contre la Covid-19, nous devons faire de l'urgence posée par la pandémie une vertu permanente, assurant l'accès, au moins, à un minimum vital qui garantisse les droits humains à l'eau et à l'assainissement, à tout moment et en toutes circonstances, avec ou sans pandémie. De cette manière, tout en combattant solidairement le virus, nous promouvrons des réformes juridiques et politiques qui garantissent les droits humains à l’eau potable et à l’assainissement.

J’espère pouvoir compter sur votre participation active à ce projet.

Pedro Arrojo-Agudo 
Rapporteur spécial sur les droits de l’homme à l’eau potable et à l’assainissement