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Les experts de l'ONU exhortent les chefs religieux à faire preuve de respect et de compassion envers les personnes LGBT

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GENÈVE (14 mai 2021) - Des experts des droits de l'homme au niveau international et régional ont exhorté aujourd'hui les gouvernements, les institutions confessionnelles et les chefs religieux à accueillir avec respect et compassion la communauté des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et de genre variant (LGBT), et à rejeter les politiques, les lois et les pratiques discriminatoires ou qui alimentent les préjugés.

À l'heure actuelle, 69 pays continuent de criminaliser les relations entre personnes de même sexe ou des formes d'expression du genre, certains prescrivant même la peine de mort pour les relations homosexuelles. Plusieurs d'entre eux, situés au Moyen-Orient et en Afrique du Nord, en Asie du Sud et du Sud-Est et en Afrique subsaharienne, justifient le maintien des interdictions légales de l'homosexualité, introduites dans la plupart des cas par les autorités coloniales, par le fait qu'elles soutiennent les principes de l'islam ou du christianisme et sont donc nécessaires au maintien de la moralité publique.

"La liberté en général, et la liberté de pensée, de conscience et de religion ou de conviction en particulier, sont les pierres angulaires du cadre international des droits de l'homme, et le droit à la liberté de religion ou de conviction de tous les êtres humains au cours de leur vie, y compris celui des personnes LGBT, doit être reconnu", a déclaré l'Expert indépendant sur la protection contre la violence et la discrimination fondées sur l'orientation sexuelle et l'identité de genre, Víctor Madrigal-Borloz, dans une déclaration commune publiée à l’occasion de la Journée internationale contre l'homophobie, la transphobie et la biphobie du 17 mai.

"Les autorités religieuses ont la responsabilité de veiller à ce que la religion et la tradition ne soient pas utilisées pour promouvoir la discrimination des personnes fondée sur leur orientation sexuelle et leur identité de genre".

"Certains récits alimentent l'idée erronée selon laquelle il existerait un conflit inhérent entre le droit à la liberté religieuse et les droits humains fondamentaux des personnes LGBT. Il s'agit d'une idée fabriquée qui contribue à leur exclusion de tous les secteurs de la vie sociale, ainsi qu'aux violences qui sont perpétrées à leur encontre".

L'expert a condamné l'incitation à la violence et à la discrimination sur la base de caractéristiques personnelles par certains leaders religieux. "Une telle incitation constitue un discours de haine et n'est protégée ni par la liberté d'expression ni par la liberté de religion ou de conviction. Les institutions religieuses ont droit à l'autonomie dans l'administration de leurs affaires et peuvent avoir des opinions diverses sur les questions liées à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre, mais en aucun cas leurs autorités ne doivent inciter à la violence ou à la haine".

"Nous croyons que le cadre international des droits de l'homme et les principes humanistes au cœur de chaque religion ont un rôle interdépendant : sauvegarder et promouvoir la dignité inhérente et égale de chaque être humain, guider les personnes et les sociétés dans leur quête du bonheur, et construire un monde où chacun peut vivre librement et en toute égalité".

FIN

Mr. Víctor Madrigal-Borloz (Costa Rica) assume le rôle d’Expert indépendant des Nations Unies sur la protection contre la violence et la discrimination fondées sur l’orientation sexuelle et l’identité de genre depuis le 1er janvier 2018 pour une période de trois ans. Victor Madrigal-Borloz est chercheur invité principal au programme des droits de l’homme de la faculté de droit de Harvard. Auparavant, il a été Secrétaire général du Conseil international pour la réadaptation des victimes de la torture (IRCT). Lorsqu’il était membre du Sous-comité des Nations Unies pour la prévention de la torture de 2013 à 2016, M. Madrigal-Borloz a été Rapporteur sur les représailles et a supervisé un projet de politique sur la torture et les mauvais traitements des personnes LGBTI. Avant cela, il a dirigé des travaux techniques sur de nombreux cas, rapports et témoignages en tant que chef du contentieux et chef du Greffe à la Commission interaméricaine des droits de l’homme. Il a également travaillé à l’Institut danois des droits de l’homme (Copenhague, Danemark) et à la Cour interaméricaine des droits de l’homme (San José, Costa Rica).

Les Experts indépendants font partie de ce qu’on appelle les procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Le terme « procédures spéciales », qui désigne le plus grand corps d’experts indépendants au sein du système onusien des droits de l’homme, est généralement attribué aux mécanismes indépendants d’enquête et de supervision mis en place par le Conseil des droits de l’homme afin de traiter de la situation spécifique d’un pays ou de questions thématiques dans toutes les régions du monde. Les experts des procédures spéciales travaillent bénévolement ; ils n’appartiennent pas au personnel de l’ONU et ne perçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants de tout gouvernement ou de toute organisation et exercent leurs fonctions à titre individuel.

Pour les demandes de renseignements et demandes des médias, veuillez communiquer avec Catherine de Preux De Baets (cdepreuxdebaets@ohchr.org), Taro Tanaka (ttanaka@ohchr.org) ou écrire à ie-sogi@ohchr.org.

Suivez les actualités des experts indépendants des droits de l’homme des Nations Unies sur Twitter : @UN_SPExperts